Les Français en quête de vert

Au-delà de la prise de conscience, l'action

Face à l'urgence climatique, les Français considèrent désormais l'environnement comme un capital dont il faut prendre soin et sont prêts à accompagner plus attentivement la transition environnementale.
Cela se manifeste notamment par le regain des transports collectifs, le succès de dispositifs tels que l'éco-prêt à taux zéro pour améliorer l'efficacité énergétique des logements, une consommation plus responsable privilégiant les filières locales avec le boom des AMAP (Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne), ou encore la limitation des pesticides et des engrais au jardin.
2009 a été marquée par de nouveaux temps forts qui n'ont pas laissé les Français indifférents : entre la préparation du Grenelle 2, la taxe carbone et le Sommet de Copenhague, l'environnement a occupé une grande place dans l'actualité. Mais au-delà des débats politiques et des négociations internationales, ils n'oublient pas que la responsabilité du changement est entre les mains des citoyens. Leur passion pour les jardins y contribue : l'enquête révèle qu'au quotidien, chaque Français applique entre 3 et 4 gestes verts au jardin, du désherbage à l'eau chaude au compostage des déchets végétaux.
Fidèles à cette logique, ils sont aujourd'hui près de 80 % à appeler leurs concitoyens à une plus grande responsabilisation, pour que "chacun fasse un effort à son niveau". Cette idée arrive en 1e place. La plantation d'arbres se positionne juste derrière (44 %), tandis que le verdissement des villes recueille 37 % des voix (3e position), devant la taxation des émissions de CO2.
A noter que les seniors sont les plus ardents défenseurs de la plantation d'arbres, et que le retour de la nature en ville reçoit un plébiscite nettement plus marqué chez les hommes.
C. Diaz Unep

La tendance sociétale des "Nouveaux Verts"

Fribourg 2 UnepPhénomène intergénérationnel, la vague des " Nouveaux Verts " (78 %) a totalement pris le pas sur les adeptes du jardin « ancienne manière » (21 %), avec la même ampleur chez les femmes que chez les hommes. Fait remarquable, cette tendance se constate aussi bien en milieu urbain que rural, preuve qu'il n'est pas besoin de vivre à la campagne pour ressentir les bénéfices essentiels du vert. Le Sud-Ouest fait tout de même figure d'exception dans ce panorama : c'est là que l'on trouve la plus forte proportion de « Nouveaux Verts » (90 %), ces férus de végétal qui ne peuvent envisager l'avenir de notre société sans jardins.
Les enjeux sont connus depuis longtemps : arbres, espaces verts et végétaux agissent efficacement et naturellement sur le stockage du CO2, la qualité de l'air et la régulation de la température des villes, la dépollution des sols ou encore la biodiversité.

Un "Green Washing" qui dépasse le simple argument marketing

L'espace public est un endroit idéal pour renouer avec la nature, mais il ne joue pas assez pleinement son rôle aux yeux des Français : 72 % d'entre eux estiment que la présence de végétaux y est encore insuffisante. Le constat est d'autant plus net pour ceux qui déplorent par ailleurs le manque de vert au quotidien, que ce soit chez eux ou sur leur lieu de travail : près de 90 % de ces "orphelins du végétal" appellent de leurs vœux un verdissement plus important de l'espace urbain. Des chiffres à rapprocher de ceux de l'enquête Unep-Ipsos 2008, qui révélait que 7 Français sur 10 font de la proximité d'espaces verts un critère essentiel lorsqu'ils choisissent leur lieu d'habitation.
Sachant que les nouvelles générations sont particulièrement sensibles à cet aspect, et que la tendance générale est à une urbanisation toujours croissante (la moitié de la population française vit dans des agglomérations de 10 000 habitants et plus, selon l'enquête Insee 2010), c'est un défi majeur qui est ici adressé aux villes du XXIe siècle. Mis devant les responsabilités d'un élu local, les Français n'hésitent pas une seconde à passer à l'action en proposant des programmes ambitieux en matière d'aménagement des parcs et jardins ou d'amélioration des espaces verts existants (42 %). Certains vont même jusqu'à proposer des projets de rénovation urbaine entièrement guidés par le végétal (31 %). Des choix qui coïncident fortement avec l'attitude générale de nos concitoyens vis-à-vis des bienfaits environnementaux des jardins, observée à maintes reprises au cours des différentes enquêtes.
A noter que ces Maires en herbe auraient particulièrement à cœur d'optimiser le réseau de transports collectifs de leur commune pour améliorer le cadre de vie de leurs administrés (57 %). Des choix loin d'être anodins, à l'heure du lancement de projets de ville tels que le "Grand Paris".
C. Diaz Unep

Oger, une expérience à reproduire plus souvent

Situé au coeur de la région champenoise, Oger, 600 habitants, a fait, il y a quelques années le pari du vert. Sous l'impulsion d'une politique donnant la priorité au fleurissement et à la valorisation des espaces éco-paysagers, le village s'est métamorphosé au point d'attirer la curiosité de touristes qui viennent aujourd'hui des quatre coins d'Europe et contribuent au renouveau économique local.
Le Maire d'Oger, se félicite de ces résultats : "Nous avons été primés 4 fois en six ans dans le cadre des Villages Fleuris et nous avons obtenu la médaille d'or du fleurissement européen en 2008. Grâce à cette politique, notre bourg attire aujourd'hui plus de 140 000 touristes par an, sans oublier l'amélioration du cadre de vie pour les habitants, qui participent activement à cette initiative en embellissant les espaces privés".

 

Le saviez-vous ?

Une étude récente du VU University Medical Centre d'Amsterdam* montre que vivre à proximité d'espaces verts diminue les cas de dépression, l'anxiété, le stress et les maladies respiratoires. Les principaux résultats sont édifiants :
– La densité des espaces verts joue un rôle, autant que leur proximité. Pour avoir un effet positif sur la santé, un parc doit se situer à moins d'un km du lieu d'habitation de la personne ;
– En participant à la réduction du stress et des troubles de l'attention, jardins et espaces verts ont un impact positif marqué contre la dépression et l'anxiété ;
– L'amélioration de la qualité de l'air induite par les parcs et la possibilité d'y pratiquer des exercices physiques, réduisent la fréquence des maladies respiratoires chez les riverains.

 

* Etude publiée le 15/10/2009

PARTAGER
Article suivantLes prêts pour vos travaux