Maisons Paysannes de France : 50 ans d’expertise au service du bâti ancien & du paysage

Maisons Paysannes de France, c’est avant tout une dynamique insufflée par 82 délégations – présentes sur l’ensemble du territoire – animées par des experts et bénévoles partageant leurs savoirs en toute neutralité.


Zoom sur cette association citoyenne qui s’adresse et répond notamment aux particuliers sur les questions aussi exhaustives que :
– Comment valoriser son habitat ancien en améliorant sa performance énergétique ?
– Quelles sont les priorités et démarches à respecter ?
– Quels sont les aides et organismes à solliciter ?
– Auprès de quels professionnels avertis s’adresser ? etc.

 

Respecter l’architecture rurale, c’est en connaître l’histoire, en comprendre le fonctionnement pour mieux en imaginer l’avenir… La rénovation d’un bâti ancien – maisons et dépendances, petits édifices tels que les fours à pain, pigeonniers, cazelles ou bories (cabanes de pierres sèches), abreuvoirs, lavoirs, etc. s’effectue en apprivoisant les spécificités de chaque région ainsi que leurs techniques et matériaux de construction. L’objectif étant d’éviter l’utilisation d’éléments ou matières inappropriés qui créent à moyen/long termes des désordres tant esthétiques qu’énergétiques.

 

Préserver les spécificités des architectures régionales équivaut à garantir la valeur patrimoniale d’un bien mais également sa valeur touristique dans un environnement local de qualité. Le patrimoine rural se révèle créateur de lien social grâce – notamment – à la transmission des savoir-faire (les techniques ancestrales de mise en oeuvre sont pertinentes et naturellement appropriées), aux expériences de terrain partagées et aux solidarités exprimées.


Le bâti ancien témoigne d’une histoire et sa rénovation doit s’inscrire dans la continuité de ses principes constructifs, en respectant son identité originelle. A chaque région, ses spécificités (pierre de Bourgogne, pierre meulière ou granit en Bretagne, etc.) qu’ils faut appréhender avant toute intervention.


Dans sa quête de sensibilisation du grand public, MPF organise ainsi – chaque année – de nombreuses actions en régions afin de mettre en lumière les techniques de construction traditionnelles et éco-responsables (se référer au site Internet rubrique Agenda).

 

Combattre les idées reçues
Depuis le milieu du XXe siècle, une litanie de « conseils » – inappropriés – a contribué à dégrader l’habitat traditionnel tant sur le plan esthétique qu’hygrothermique, thermique qu’acoustique !
Ainsi… Un « bon » enduit de ciment ne protège pas un mur de l’humidité mais… il l’étouffe !


Le préjugé selon lequel les maisons anciennes seraient des « passoires thermiques » est absolument faux ! Les qualités de ces constructions sont pleinement mises au jour grâce à l’étude réalisée par Maisons Paysannes de France* sur L’Amélioration Thermique du Bâti Ancien (Fiches thématiques ATHEBA disponibles sur www.maisons-paysannes.org) qui en démontre les qualités et le fonctionnement spécifique.


Nous découvrons ainsi que pour adapter ces maisons aux exigences du confort moderne, il suffit – souvent – de renforcer leurs caractéristiques naturelles en remplaçant – à l’identique – les éléments dégradés.


Les maisons anciennes possèdent des qualités bioclimatiques naturelles qu’il faut – simplement – améliorer ! Il faut donc privilégier des liants qui laissent le bâti ancien respirer en utilisant, par exemples, de la chaux aérienne éteinte ou des chaux hydrauliques naturelles composées de sables non lavés – de préférence – qui contiennent des fines (argile).
Préférer l’utilisation de matières chaleureuses comme la chaux ou le chaux-chanvre (5 cm), de la terre et des fibres végétales, du liège… et éviter d’isoler par l’intérieur avec des contre-murs.


Une restauration – dans les règles de l’art – commence inévitablement par un questionnement
A l’origine, à quoi ressemblait la construction voire le village ?
Comment retrouver l’état originel du bâti traditionnel, est-ce envisageable et à quelles conditions ?
Quels sont les choix possibles, quels matériaux utiliser, où les trouver et à qui s’adresser ?


Quelques précautions à respecter sur le bâti ancien… Observer et comprendre sa maison ainsi que celles environnantes quand leur authenticité est préservée – Respecter les volumes et les proportions – Utiliser les matériaux locaux – Conserver les murs enduits à la chaux (la rénovation s’harmonisera à l’ensemble au fil du temps) – Garder les menuiseries existantes en bois qui vivent et vivront avec la maison – Respecter l’environnement végétal en laissant la nature épouser la maison sans l’envahir (arbres ou haies sont des éléments propices à la régulation de la chaleur, à la gestion des vents…) – Maîtriser l’eau – une « alliée» – autour du terrain afin que celui-ci reste perméable et soit correctement drainé…


Quelques écueils à éviter sur le bâti ancien… Pratiquer des ouvertures surdimensionnées en toiture ou façade – Remplacer d’anciens enduits à la chaux par des enduits en ciment (ces derniers confinent l’humidité) – Créer un environnement étanche qui produit inévitablement des désordres…

 

Dans le cadre de son cinquantenaire, l’association se mobilise – notamment – autour des événements tels que…
– Les Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins les 20 et 21 juin 2015.
– L’exposition itinérante dédiée au bâti rural et aux paysages dont la première présentation au public se fera du 9 au 20 septembre 2015 à l’Orangerie des jardins du Luxembourg au Sénat (Paris).
– Le concours Maisons Paysannes de France – René Fontaine qui récompense les meilleures restaurations du patrimoine. La remise des prix s’effectuera dans le cadre du Salon international du patrimoine culturel au Carrousel du Louvre (Paris) en novembre 2015.

 

Publié par M.S le 08/07/15