Risques sismiques et construction

Le Plan Séisme Maison Individuelle et l’Eurocode 8

 

La sismicité de la France métropolitaine résulte de la convergence des plaques africaine et eurasienne. Les Antilles françaises, où le risque de tremblement de terre est fort sont situées à la frontière des plaques Amérique et Caraïbe.

 

La première réglementation parasismique date de 1969, elle a été améliorée à plusieurs reprises depuis. Les règles de construction nationales qui s’appliquent aux maisons individuelles sont regroupées sous l’appellation Plan Séisme Maison Individuelle, PS-MI, mais elle est en passe d’être remplacée par l’Eurocode 8. Celle-ci désigne la réglementation harmonisée à l’échelle européenne et s’impose déjà comme référence sur les bâtiments en construction. La Loi n’impose pas de travaux sur les bâtiments existants. Toutefois, les propriétaires peuvent entreprendre des travaux pour réduire la vulnérabilité de leur habitation.

 

 

Le document Etat des risques naturels et technologiques à fournir pour une vente  

 

La carte de France des risques sismiques a été modifiée récemment (mai 2011). Elle fait apparaître cinq zones qui vont du risque très faible au risque fort. Lorsqu'on achète un terrain en vue d'y construire une maison, on peut ainsi savoir où se situe la commune sur cette échelle de risques. En outre, depuis 2006, le vendeur doit fournir un document appelé Etat des risques naturels et technologiques, ERNT, qui doit obligatoirement accompagner le compromis de vente. Il doit dater de moins de 6 mois, au jour de la signature du compromis. Ce document indique si le terrain est situé dans une zone à risque sismique, mais aussi dans un périmètre de risques naturels ou technologiques prévisibles.

 

Les dommages que font subir un tremblement de terre à une habitation varient très fortement en fonction de deux paramètres, la nature du sol et celle du bâtiment.

Pour se renseigner sur la nature du sol, on peut consulter le plan de prévention des risques (PPR) sismiques de la commune. Une étude géotechnique est recommandée pour connaître les caractéristiques du terrain, elle permet de bien cerner les éventuels mouvements sismiques locaux, mais aussi les facteurs qui peuvent les amplifier, comme le fait qu’un terrain soit en pente, par exemple. Pendant un tremblement de terre, le sol risque plus ou moins de se liquéfier, c'est-à-dire de perdre sa capacité à porter ce qui est implanté dessus. Le type de terrain détermine « l’ allure » des bâtiments que l’on y construit. Ainsi, sur un sol dur, essentiellement constitué de roches, les constructions souples et élancées résistent mieux que des bâtiments rigides et massifs. Et c’est exactement l’inverse sur un sol mou, constitué d’argile, ou de sable.

 

Pour protéger l’habitation que l’on va faire construire des risques d’éboulements et de glissements de terrain qui peuvent accompagner un tremblement de terre, il est conseillé de s’éloigner des versants escarpés, des falaises, des sols meubles en pente et des berges constituées de terrains meubles. Il faut aussi éviter une construction à cheval sur un terrain meuble et dur. Ces préconisations sont les mêmes pour une maison existante.

 

 

Comment concevoir un bâtiment en zone sismique ?

 

Un bâtiment supporte mieux des secousses s’il a une structure souple, qu’il est réalisé avec des matériaux à la masse volumique faible et qu’il est posé sur des appuis parasismiques, sortes d’amortisseurs. La construction parasismique ne représente pas un surcoût important (5%).

 

Plus un bâtiment a une forme simple, mieux il résiste aux éventuels séismes. Ainsi, une base rectangulaire est préférable à une forme de L ou de U. Lorsqu’il y deux ou d’avantage de blocs séparés, comme dans le cas d’un bâtiment en U, ou bien un bâtiment principal avec une annexe de moindre hauteur (un atelier ou une véranda), ils sont réunis par des joints parasismiques, c'est-à-dire des espaces vides de tout matériaux qui ont pour but d’éviter tout entrechoquement entre les corps d’un bâtiment.

 

Pour limiter les risques de torsion, les masses et les raideurs doivent être distribuées de façon équilibrée sur la superficie du bâtiment. Le contreventement est un élément de charpente qui assure sa propre stabilité et protège la toiture du vent. Dans une construction parasismique, il assure une protection contre les mouvements du sol. Aux différents étages, les fenêtres et la ou les porte(s) doivent être superposées, c'est-à-dire les unes au-dessus des autres.
L’exécution et les matériaux mis en œuvre doivent être de qualité. La main d’œuvre doit elle aussi être qualifiée. Il faut se montrer scrupuleux sur le respect des règles et vérifier chaque étape. Les éléments non structuraux, comme les plafonds, les luminaires, les équipements techniques lourds doivent être fixés, de même que les cloisons avec les cheminées. Les éléments de bardage doivent aussi être bien liés.
Le choix des matériaux est important, en zone sismique, le béton, la maçonnerie, le métal et le bois sont privilégiés.
 

 

Quelques règles de construction parasismique

 

 

En savoir plus

 

Site du Gouvernement :
www.planseisme.fr

 

 

Marie-Caroline Loriquet, le 17/02/12

 

 

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La nouvelle carte des zones à risque sismique