Quels sont les avantages de se chauffer au bois ?

Batirenover : Dans quelles circonstances le bois est avantageux, comparé aux autres énergies de chauffage ? (dans une région qui produit très peu d’électricité)
 

Nathalie Brac de la Perrière : Le bois a toute sa place dans un contexte où les énergies fossiles se raréfient et dans les régions où l’on souhaite diversifier les sources d’énergie. En Bretagne par exemple, c’est seulement 10% de l’électricité consommée qui est produite sur place et le reste est importé. La région s’est donc fixée comme objectif de diminuer la consommation électrique (Pacte électrique breton) et d’autre part, d’atteindre 20% de production d’énergie renouvelable d’ici 2020 (objectifs Grenelle).

Aujourd’hui, le bois est la première énergie renouvelable produite en Bretagne (60% de l’énergie primaire produite). Ce matériau produit autant de CO2 pendant sa décomposition que pendant sa combustion, ainsi son utilisation est neutre.

Cette source de chaleur favorise un dynamisme local, le bois est présent partout ainsi il n’a pas besoin d’être transporté sur de longs trajets.

 

B : Quels sont les nouveaux équipements de chauffage au bois ?

 

N. B.P. : L’offre en équipement de chauffage au bois s’est beaucoup enrichie ces dernières années. Les performances atteintes sont à présent vraiment intéressantes et peuvent s’adapter à tous les modes de consommation. Ainsi, les inserts et foyers fermés atteignent désormais des rendements de 75%, voire de 85% (contre 65% jusqu’ici), ce qui les rend moins gourmands en bois que les précédents. Quant aux poêles, ils peuvent brûler des bûches de toutes tailles, ainsi que des granulés. Les poêles et inserts peuvent être utilisés comme chauffage principal. Un réseau hydraulique raccordé à ces deux équipements permettent de faire fonctionner les autres radiateurs de la maison voire l’eau chaude sanitaire, à l’aide d’un poêle bouilleur. Certains appareils sont conçus pour répondre aux hautes exigences imposées par les maisons BBC : faibles besoins en chaleur (petites puissances de poêle), étanchéité à l’air (poêle étanche avec prise d’air directe), part d’énergie renouvelable (couplé au solaire thermique, un poêle à bois peut permettre de chauffer l’eau sanitaire au 100% renouvelable).

Pour les maisons moins performantes et aux surfaces plus étendues, les chaudières sont les appareils les plus adaptés (90% de rendement). Les modèles automatiques sont programmables et se règlent finement pour atteindre une qualité de combustion optimale. Les chaudières à granulés sont associées à un silo de stockage adapté aux besoins. Cette perte de place est néanmoins compensée par le gain de temps car la chaudière fonctionne ensuite toute seule alors qu’une chaudière à bûche doit être chargée une fois par jour en moyenne.

 

B : Le bois est-il un mode de chauffage avantageux financièrement ?

 

N. B.P. : On évalue à 0,043 € le kWh issu de la combustion du bois bûche, contre 0,079 €/kWh pour le gaz et 0,115 €/kWh pour  l’électricité. Les prix du bois déchiqueté ou du granulé livré en sac sont respectivement de 0,026 et 0,073 €/kWh. Ces prix tiennent compte du coût du combustible livré, de son pouvoir calorifique (PCI) en kWh/kg et du rendement de l’appareil. Il faut y rajouter le coût de l’investissement dans l’appareil de chauffage lui-même. Mais là encore, le matériel de chauffage au bois ne fait pas partie des plus onéreux si on le compare aux panneaux solaires ou à la pompe à chaleur. Attention toutefois à ne pas aller vers du matériel bas de gamme, au rendement faible, qui fait donc monter la note de chauffage. On peut trouver des poêles performants aux alentours de 1000 € pour une puissance de 10kW environ. Les chaudières sont plus onéreuses mais plus efficaces aussi.

Le prix du bois fluctue peu. En revanche, celui des bûches est très variable selon le lieu de production, le prix a tendance à être plus élevé près des villes.

 

 

B : Le chauffage aux bois est-il respectueux de l'environnement ?

 

N. B.P. : Le bois utilisé comme chauffage a un bilan carbone quasiment neutre, c'est-à-dire que la combustion d’un arbre ne rejette pas plus de CO2 que ce qu’il a absorbé pendant sa croissance. On considère que c’est une énergie renouvelable car le temps de production d’un arbre est assez court : ainsi, si sa « culture » est bien gérée, l’énergie dont on a besoin est obtenue rapidement, tandis que les énergies fossiles ont mis des millions d’années à se créer et sont impossibles à produire aujourd’hui.

Le bois peut tout de même libérer d’autres gaz à effet de serre lors de sa combustion, mais ils sont comparativement moins importants que lors de la combustion d’énergies fossiles : émission de 40g d’équivalent CO2 pour le poêle à bûche contre 466g pour le fuel. De plus, les émissions du poêle à bûche ont lieu lors de la production (essence de la tronçonneuse) et du transport du combustible et non lors de la combustion.

Les émissions peuvent être grandement réduites en agissant sur différents facteurs :

–          Le rendement : plus un appareil est performant, plus les impacts liés aux activités en amont (bûcheronnage, débardage, transport, etc) sont réduits, en proportion. De plus, une nouvelle technique consiste en une entrée d’air secondaire, ce qui permet de brûler les gaz issus de la combustion du bois.

–          Le réglage de l’appareil : il est très important de bien faire régler son appareil afin que l’entrée d’air soit idéale. Un mauvais réglage peut entraîner l’émission d’oxyde d’azote, de monoxyde de carbone, de composés organiques volatils (COV), d’hydrocarbures, de particules et de poussières.

–          La qualité du bois : quand le bois est humide sa combustion est incomplète. Cela entraîne, une perte de rendement et donc d’argent, mais aussi l’émission des mêmes gaz que quand l’appareil est mal réglé. De même, il ne faut jamais brûler de bois peint, vernis, traité, des traverses de chemin de fer, du papier, du carton ou des magazines. Ils contiennent des produits tels que les dioxines, le dioxyde de soufre et des cendres volantes (encrassement des conduits et risques d’incendies accrus).

L’entretien de son appareil : on conseille un nettoyage régulier du bac à cendres et de la vitre, deux gros nettoyages (foyer) et deux ramonages par an, dont l’un en période de chauffe. Ne confiez votre ramonage qu’à des professionnels qualifiés pour éviter les risques d’incendies.

 

 

En savoir plus

 

Abibois est le réseau des professionnels de la filière bois en Bretagne.

www.abibois.com

 

 

Propos recueillis par Marie-Caroline Loriquet, le 02/03/12

 

 

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