Point sur l’effet de serre

Vous avez dit effet de serre

L'effet de serre

Imaginez que vous êtes propriétaire d'une serre. Si vous la survitrez, il y aura une différence de température significative. On peut comparer l'augmentation des gaz à effet de serre à une augmentation de l'épaisseur de vitrage d'une serre : plus le taux de gaz est important plus l'atmosphère se réchauffe.

Pourquoi ? Parce que la Terre reçoit une énergie lumineuse du soleil. Une fraction de cette énergie est ensuite renvoyée dans l'espace. La part qui reste est accumulée par la surface de la planète et l'atmosphère. La Terre elle-même émet des infrarouges dont une partie se perd dans l'espace, compensant l'énergie solaire accumulée. En définitive, la Terre gagne autant d'énergie qu'elle en perd et la température reste stable.

Depuis 150 ans, ce bel équilibre est remis en question par l'accumulation des gaz à effet de serre (GES). Ces GES absorbent davantage le rayonnement infrarouge de la terre. La planète rayonne donc moins d'énergie qu'elle n'en absorbe. Les gains énergétiques étant plus importants que les déperditions, la température augmente ; c'est ce que l'on appelle l'effet de serre.

Ses conséquences sur l'environnement

Avec l'augmentation incessante des gaz à effet de serre dans notre atmosphère, l'avenir climatique de notre planète prend une tournure alarmante. En emprisonnant les radiations infrarouges émises par le rayonnement solaire, les gaz à effet de serre provoquaient jusqu'alors un réchauffement de l'atmosphère indispensable à notre survie.
Mais aujourd'hui, leur fort accroissement entraîne des dérèglements climatiques inquiétants : une hausse des températures de plus en plus rapide (au cours du siècle dernier, la Terre s'est réchauffée de 0,76°C en moyenne), l'accélération de la fonte de la neige et des glaces…
Sans mettre hors de cause les émissions naturelles, les dernières constatations scientifiques prouvent que l'augmentation de CO2 dans l'atmosphère est directement imputable à l'activité humaine. Le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) en fait d'ailleurs état dans son dernier rapport publié en novembre 2007. Selon lui, si aucune mesure restrictive n'est prise dans les années à venir, la température moyenne de la planète pourrait s'élever de 1,8 à 4°C supplémentaires au cours de ce siècle et provoquer ainsi des phénomènes extrêmes (sécheresse, inondations, fonte des neiges, montée du niveau de la mer). Les premières victimes de ces dérèglements climatiques tendent à être les populations les plus vulnérables. En effet, ces phénomènes entraîneraient avec eux malnutrition et évolution des maladies liées aux inondations, aux tempêtes, à la sécheresse et à leur impact sur la culture…

Une prise de conscience mondiale

    Au vu de ces récentes constatations, les organisations internationales se mobilisent :

  • En 1997, le protocole de Kyoto engage les pays industrialisés signataires à réduire globalement d'environ 5 % leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau en 1990, d'ici 2008-2012.
  • En 2005, le seuil de ratification des pays signataires est atteint : le protocole de Kyoto rentre donc en vigueur.
  • Puis, fin 2007, la conférence de Bali lance les négociations sur un accord qui succèderait au protocole de Kyoto, en 2012. L'objectif principal est de rallier les principaux émetteurs de CO2 (Chine, Etats-Unis, Australie, Inde…) aux nouvelles négociations qui devraient durer deux ans…

Les conséquences à prévoir

– Vagues de chaleur plus longues et plus intenses d'où disettes et famines, accroissement des maladies cardio-vasculaires et augmentation de la transmission de certaines maladies tropicales : paludisme, fièvre jaune, dengue, encéphalites.
– Elévation du niveau des mers de l'ordre de 50 cm à partir de 2100, soit une perte de terre de l'ordre de 17 % pour le Bangladesh, de 6 % pour les Pays-Bas. En France, le delta du Rhône pourrait disparaître…Sur la planète, environ 100 millions d'habitants vivant dans les zones côtières seraient menacés.
– Modification des courants marins, ralentissement du Gulf Stream pouvant entraîner un fort refroidissement en Europe occidentale.
Il est indiscutable que l'alerte de l'opinion mondiale et les séries de mesures préconisées, depuis quelques décennies, pour lutter contre toute forme de pollution atmosphérique, sont, même en dehors d'un scénario catastrophe, absolument nécessaires. Il est donc urgent que les mentalités changent et que chacun s'efforce, à son niveau, de lutter contre l'émission de gaz dans l'atmosphère.

 

Le saviez-vous ?

Le dioxyde de carbone : qu'est-ce que c'est ? Non-combustible, incolore et inodore, le dioxyde de carbone est obtenu par la combustion ou l'oxydation de composés contenant du carbone (charbon, bois, pétrole, huiles, aliments), la fermentation de sucres, la respiration et la décomposition de matières organiques.