L’impact du bâtiment dans le changement climatique

Le poids du Bâtiment

Des émissions en hausse

Le secteur du Bâtiment pèse pour près de 20 % dans l'émission des gaz à effet de serre évoluant dans le mauvais sens depuis 15 ans. En effet, alors que l'Industrie et l'Agriculture ont vu une nette régression respectivement de -22 % et -10 % dans le volume total d'émissions, le Bâtiment a progressé de 22 %, presque autant que les transports qui sont à 23 %.

 
Secteur     Transports    Industrie Bâtiment    Agriculture   Energie/
Production  
Déchets 

% des émissions de gaz à effet de serre (GES) en millions de tonnes

26 % 20 % 19 % 19 % 13 % 3 %

Evolution 1990/2004

+23 % – 22 % + 22 % – 10% – 9 % – 8 %

Source : plan climat actualisé 2006

Pourquoi un logement émet-il des gaz à effet de serre (GES) ?

Au cœur du secteur du Bâtiment, les logements des particuliers sont responsables d'environ 2/3 des rejets de GES. Certes, la production d'eau chaude sanitaire et de chauffage est responsable de 80 % de la consommation d'énergie d'un logement, mais à cela viennent s'ajouter les émissions « invisibles » issues :
– de l'énergie nécessaire à la fabrication des matériaux du logement (énergie grise) ;
– des gaz à effet de serre émis lors du chantier, notamment lorsque les matériaux sont acheminés sur de longues distances ;
– des systèmes de climatisation qui laissent échapper des gaz fluorés dont l'impact sur l'effet de serre est de 1 000 à 8 000 fois supérieur à celui du CO2.

 
Chauffage    Eau chaude sanitaire  Cuisson   Eclairages
et usages spécifiques 
70 % 10 % 7 % 7 %

Objectif « maison passive »…

La maison passive consomme très peu d'énergie. C'est une maison quasiment autonome pour ses besoins de chauffage. Elle offre toute l'année une température ambiante agréable, sans mise en œuvre d'un système de chauffage conventionnel. Pour y parvenir, elle utilise :
– les apports solaires,
– les apports métaboliques des habitants et des équipements, qui chauffent toujours un peu.
Ces apports sont ensuite optimisés par une bonne qualité d'isolation.
Pour être conforme au standard de bâtiment passif, les besoins de chauffage doivent être inférieurs à 15 kWh/m2 par an (soit 20 fois moins qu'un logement français moyen) et les besoins en énergie primaire (chauffage, énergie pour chauffer l'eau, électricité…) doivent être inférieurs à 50kWh/m² par an.

Encore mieux : la « maison positive »

Non seulement la maison dite « positive » ne consomme pas d'énergie mais elle en produit. En effet, en ajoutant des dispositifs de captage d'énergies renouvelables (solaire, éolien par exemple), il est possible de générer un bilan énergétique annuel nul ou, mieux encore, d'avoir des bâtiments qui produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment : on parle alors de maison « à énergie positive ».
Pour cela, il faut :
– optimiser le rapport volume/surface de l'habitation. La compacité est en effet une caractéristique marquante des maisons à faible consommation énergétique.
– renforcer l'isolation thermique (toitures, murs, planchers) et éradiquer les ponts thermiques. Le renforcement de l'isolation thermique se traduit alors généralement par une augmentation de l'épaisseur de la couche d'isolant. Dans le neuf et parfois pour les toitures dans l'ancien, ces épaisseurs sont envisagées sans difficulté. En ce qui concerne la rénovation des bâtiments existants, apparaissent de nouvelles solutions techniques : matériaux isolants plus performants, nouveaux procédés d'isolation, etc.,
– éliminer les défauts d'étanchéité qui laissent pénétrer les courants d'air froid.