Logement : inégalité des français face au froid

Alors qu’une vague de froid se fait ressentir en France depuis le début du mois de février, l’Association QUALITEL dévoile les résultats de son enquête sur le froid et les logements des français, issus du Baromètre Qualitel-Ipsos (2 700 personnes interrogées). Les résultats montrent que les français sont inégaux face au froid dans leur logement.

47% des Français déclarent avoir « parfois ou souvent » trop froid dans leur logement.

Mais les français sont inégaux face à cette situation. Trois causes à ces inégalités : le niveau de revenu, l’ancienneté du logement, le statut de l’occupant (propriétaire ou locataire).

Premier facteur d’inégalité : la différence de revenu

Les foyers modestes souffrent plus du froid dans leur logement.

Les Français aux revenus inférieurs à 1250 € net mensuels sont les plus exposés au froid : 57 % d’entre eux déclarent avoir « parfois ou souvent » froid chez eux contre 39% pour les personnes ayant un revenu net mensuel supérieur à 3000 euros.

Deuxième facteur d’inégalité : la date de construction du logement

Plus le logement est ancien et plus la probabilité d’avoir froid est importante. 56 % des occupants de logements construits entre 1900 et 1945 déclarent avoir « parfois ou souvent froid », contre 49 % pour ceux construits entre 1945 et 1980, 44 % entre 1980 et 2007 ; et « seulement » 37 % pour les logements datant de moins de 10 ans.

Troisième facteur : le statut de l’occupant : Propriétaire versus locataire

Les locataires ont plus froid dans leur logement que les propriétaires qui sont quatre fois moins nombreux que les locataires à déclarer avoir « souvent froid » dans leur logement. Un écart significatif qui s’explique par le fait que les propriétaires, outre le soin qu’ils accordent au choix de leur logement au moment de l’achat, réalisent plus facilement des investissements d’isolation pérennes.

L’analyse de Bertrand DELCAMBRE, président de l’association QUALITEL sur ces inégalités :

« Ce que nous enseigne le Baromètre Qualitel-Ipsos, c’est que les populations disposant de revenus modestes subissent la double peine : non seulement leurs logements sont moins bien isolés, car moins qualitatifs, mais en plus leurs ressources financières les condamnent à réduire le niveau du chauffage pour limiter la note énergétique. Il y a urgence à mettre en œuvre le plan de rénovation énergétique des logements anciens annoncé par le gouvernement. C’est un impératif social bien sûr, mais également environnemental (baisse des émissions de carbone) et économique (des centaines de milliers de créations d’emplois en vue). Cette rénovation énergétique doit s’appuyer sur une réglementation revisitée et sur les labels qui ont montré leur efficacité dans le neuf. Au-delà du confort thermique, ces rénovations doivent également contribuer à l’amélioration du confort en général, de la sécurité et de la santé des habitants. Il est donc impératif d’adopter une approche globale de l’amélioration de la qualité des logements. »

Focus sur Paris : les parisiens souffrent plus du froid

59 % des Parisiens disent avoir « parfois ou souvent » froid dans leur logement : c’est le record national, avec 12 points de plus que la moyenne française ! L’explication tient principalement dans la structure du parc de logement. À Paris intra-muros, malgré un revenu moyen supérieur à la moyenne nationale, on trouve une surconcentration de logements de plus de 10 ans, en location, et d’appartements avec des qualités de matériaux et une isolation thermique insatisfaisantes.

Retrouvez les résultats de l’étude sur www.qualite-logement.org/barometre/froid

Crédit photos : Qualitel

M.S.