Le puits canadien

schéma du puits canadien

Un puits canadien est à prévoir dès la conception de la maison ou en cas de projet de rénovation lourde avec travaux de terrassement, puisqu'il consiste à faire passer, avant qu'il ne pénètre dans la maison, une partie de l'air neuf de renouvellement par des tuyaux enterrés dans le sol, à une profondeur de 1,5 à 2,5 m et sur une longueur d'environ 30 m. Tranchées dans le sol et gaine d'arrivée dans l'habitation sont donc à envisager en amont.

Le principe

Cette technique de puits enterré se sert de l'inertie thermique du sol. Le puits utilise la température relativement stable du proche sous-sol, à 2 m de profondeur, qui se situe en France à environ 20° en été et 12° l'hiver, pour traiter l'air insufflé dans les bâtiments. En été, le puits va ainsi utiliser la fraîcheur relative du sol pour tempérer l'air entrant dans le logement : il pourra réduire la température d'entrée de l'air de 10 à 15°C, et donc celle d'une maison de 2 à 5°C, en été pour une consommation électrique dérisoire, remplaçant avantageusement, mais partiellement, un système d'air conditionné. Attention, l'air extérieur a souvent tendance à s'y condenser en se rafraîchissant : il faut donc prévoir une évacuation de cette eau, source de développement microbien.

Un puits canadien assure la mise hors gel du système de ventilation double flux. La ventilation double flux, grâce à son échangeur de chaleur, permet de préchauffer l'air entrant et d'effectuer ainsi des économies de chauffage. En inter-saisons, la température de confort se situant généralement entre 18 et 22°, le système de ventilation double flux intégrera un by-pass de l'échangeur afin de ne pas obtenir un effet inverse. Un puits canadien est donc fonctionnel en toutes saisons.

Les paramètres à prendre en compte

Le calcul d'un puits canadien nécessite la prise en compte de plusieurs paramètres :
– les débits de la ventilation double flux,
– avec un puits enterré, le double flux est obligatoire, statique ou thermodynamique,
– l'architecture (bioclimatique, matériaux, isolation, véranda, etc.),
– la nature du sol (sur les sols argileux, des dispositions supplémentaires sont nécessaires pour compenser les effets des mouvements de terrain),
– la place disponible pour l'enfouissement du tuyau,
– la localisation géographique (attention au sol contenant du radon),
– la longueur, le diamètre et le type du conduit enterré, qui ont une influence directe sur l'échange thermique entre l'air extérieur et le sol.

Préconisation

– Utiliser des conduits rigides et lisses : limite les pertes de charges et facilite l'écoulement des condensats.
– Conduits à joints : étanchéité par rapport au sol (radon, humidité).
– Pentes de 2 à 3 % pour l'écoulement des condensats.

 

Tête à Tête avec un pro

Si la maison dispose d'une cave, les condensats peuvent être évacués vers l'égout par celle-ci. Il faut alors prévoir un siphon et un clapet anti-retour ou une mise à l'air libre pour éviter de noyer les tubes en cas de remontée d'égouts. Sinon, les condensats doivent aboutir dans un puits avec absorption par le sol si la nature de celui-ci le permet (zones exemptes de radon) ou pompe de relevage de condensats pour évacuation à l'égout. – La prise d'air doit être à l'abri des intempéries, protégée par un grillage et équipée d'un système de filtration à plusieurs étages. – Evacuation des condensats : les tubes doivent être installés avec une pente d'au moins 3 % dans le sens de l'écoulement d'air. – Tout projet doit faire l'objet d'une étude détaillée bactériologique destinée à déterminer la qualité de l'air à la sortie de la bouche d'aération des pièces de la maison et non à la sortie directe du puits canadien.