La phytoépuration, une fosse septique naturelle

La fosse septique pour l'assainissement autonome

 

De nombreux Français ne sont pas raccordés au tout à l'égoût. Dans ce cas, on a recours a une solution d'assainissement autonome. Certains logements ne sont pas encore raccordés à un système d'assainissement, mais en 2012, cela sera obligatoire. Les eaux vannes (sanitaires) se déversent dans une fosse septique (les eaux ménagères, issues de la cuisine et du lavage, se déversent dans une fosse toutes eaux). C'est une grande cuve en béton ou en polyester dont la dimension est fonction de la taille de la maison. On consomme chaque jour 150L d'eau, qui est rejetée et qu'il faut traiter, car ces eaux usées sont une nuisance pour l'environnement. Il faut vidanger sa fosse septique tous les 4 ans, mais au quotidien, on rencontre des problèmes d'odeur et d'engorgement, que l'on traite avec des produits d'entretien.

 

 

Mettre en place un système de phytoépuration

 

Avant de se lancer dans la mise en place d'une station de phytoépuration, il faut avertir la mairie de la commune où se situe le terrain concerné par ce projet. Concrètement la fosse septique est remplacée par deux bassins qui doivent être disposés à ciel ouvert et en pente, pour faciliter la circulation des eaux qui s'y déversent. Le rôle de ces bassins est de filtrer les eaux usées rejetées de la maison. Celles-ci les traverse l'un après l'autre et en ressortent épurées.

Un bassin a une activité de transformation puis un autre est au repos. Ils sont plantés de végétaux aquatiques comme le jonc, le roseau ou le nénuphar qui ont le pouvoir de traiter les eaux usées. Ces plantes se nourrissent en absorbant les composés polluants tels le phosphore et l'azote. Leurs racines forment un réseau qui draine l'eau et libèrent de l'oxygène. Celui-ci favorise le développement des bactéries aérobies, ce qui signifie qu'elles épurent les eaux en transformant les matières organiques en matières minérales nécessaires aux plantes. La faune (les lombrics, par exemple) qui vit dans ce bassin a le même rôle de dégradation et de minéralisation de la matière organique. Ce système s'autoalimente et s'équilibre très bien.

La surface totale des bassins équivaut à 5 m² par habitant.

 

 

Le rôle de chaque bassin

 

1er bassin de prétraitement : C'est un lit à écoulement vertical planté de roseaux qui fonctionne en aérobiose, c'est à dire qu'il retient les matières en suspension. Les racines des roseaux dégradent les matières organiques et réduisent la quantité de bactéries pathogènes. Les roseaux doivent être taillés tous les ans. Le compost de surface doit être retiré tous les 10 ans.

– Il y a un dénivelé de 90 cm entre les deux bassins.

2e bassin : C'est un lit à écoulement horizontal. Il est rempli d'un lit d'eau de 5 à 10 cm de profondeur, sur lequel repose une couche de substrat minéral*. On fait pousser des plantes comme des iris ou des salicaires. Les eaux usées circulent librement à travers la couche minérale du substrat et les racines. Ce filtre assainit l'eau de façon plus lente et plus affinée que le premier.

– Une mare ou un fossé récolte les eaux purifiées.

Le système fonctionne toute l'année, y compris l'hiver. En cas de gel, on peut disposer de la paille sur les pieds des plantes pour les protéger.

 

Schéma phytoépuration

 

 

Quels intérêts présente la phytoépuration ?

 

Une station de phytoépuration s'intègre bien dans le paysage et ne sent pas mauvais. Elle a la capacité d'absorber des débits variés. Elle demande au fil des saisons le même type d'entretien que le jardin qui l'environne. Dans le cas d'une fosse septique, les eaux usées sont simplement rejetées. Avec la filtration par phytoépuration, l'eau traitée peut être utilisée pour l'arrosage. Les éléments organiques sont transformés en humus qui peut servir de compost, utile pour le jardinage.

 

* éléments qui ne contiennent pas ou très peu de carbone et sont donc non combustibles. Il en existe des naturels : sable et graviers, argiles dures, pouzzolane et parmi les éléments traités : argiles expansées, perlite, vermiculite, laines minérales

 

Marie-Caroline Loriquet, 14/10/11

 

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