Pompe à chaleur : qu’est-ce que le gaz R32 ?

D’ici à 2025, tous les gaz à fort potentiel de réchauffement global seront bannis du marché. Pour les fabricants de pompes à chaleur, l’entrée en vigueur de cette réglementation ne voulait dire qu’une chose : il était temps de trouver un remplaçant au gaz R410A. Ni une, ni deux, leur attention s’est portée sur le R32, un gaz réputé écologique.

Présent dans les pompes à chaleur et les climatisations réversibles après 2016, le R32 permet de se chauffer tout en respectant l’environnement. Avec ce composé écologique, c’est le cœur en paix que vous pourrez user et abuser de votre climatisation.

Qu’est-ce que le gaz R32 ?

Fier membre des HFC (Hydro Fluoro Carbones), le gaz R32 est un fluide frigorigène présent dans les pompes à chaleur. Même si vous n’en avez pas conscience, c’est grâce à lui que vos climatisations réversibles fonctionnent à merveille. En cycle chaud comme en cycle froid, le gaz R32 est en première ligne pour s’assurer de votre confort thermique.

À cet instant précis, une question occupe probablement vos pensées : en fait, quel est le rôle exact du gaz R32 ?

C’est assez simple. Dans une PAC air air écologique, c’est à lui qu’incombe la lourde tâche de transporter les calories présentes dans l’environnement. Pour ce faire, il s’appuie sur une faculté particulière : le gaz R32 se vaporise une fois qu’il est chaud.

Une fois gorgé de l’énergie thermique contenue dans l’air, le fluide passe de l’état liquide à l’état gazeux (la vaporisation), naviguant ainsi jusqu’au condenseur. Dès qu’il rentre dans ce dernier, sa température chute drastiquement permettant ainsi à l’énergie d’être de nouveau libre. Il ne lui reste plus qu’à recommencer de nouveau son cycle.

Au vu de son importance capitale, il n’est pas anodin de dire que sans gaz R32, il n’y aurait pas de pompe à chaleur air / air fonctionnelle. Et là, une autre interrogation a sans doute surgi dans votre esprit. « Avant le gaz R32, comment s’y prenaient les chauffagistes pour faire fonctionner leurs appareils ? ». La réponse tient en cinq lettres aujourd’hui boudées par les industriels : R410A.

Pourquoi un tel engouement pour le gaz R32 ?

Le 1er janvier 2015, la réglementation CE 517/2014 est officiellement entrée en vigueur. Surnommée « réglementation F-gaz », son objectif avoué est de réduire l’émanation de gaz à effet de serre de 80 % d’ici à 2025. Bien que les émissions des gaz fluorés ne représentent que 2 % des rejets toxiques, il était important d’y trouver des alternatives plus saines et plus durables.

C’est à cet instant précis que le gaz R32 est entré en jeu.

Naguère, toutes les pompes à chaleur et les climatisations réversibles utilisaient un gaz dénommé R410A. Même si son mode de fonctionnement était similaire à celui du R32, son empreinte écologique était loin d’être anodine.

Selon la réglementation CE 517/2014, la limite maximale d’émission d’un gaz à effet de serre doit être de 750 kg équivalent CO2. Avec un ratio de 2088 kg équivalent CO2, le gaz R410A est bien au-dessus de cette limite.

Le gaz R32, à l’inverse, est doté d’un indice bien plus bas. Apparu dans les années 1920, ce fluide frigorigène était l’un des constituants de base du gaz R410A. Eh oui… Observée à l’œil d’un microscope, la composition du gaz R410A incluait 50 % de R32 et 50 % de gaz R125. Seulement, avec les modifications récentes des textes de loi, cette recette est désormais jugée trop polluante.

C’est pourquoi les industriels ont décidé de n’utiliser plus que du gaz R32. Avec un Pouvoir de réchauffement Global (PRG) (voir définition de l’INSEE) de seulement 675 kg équivalent CO2, il est bien en dessous des limites imposées par la loi.

Outre la réglementation F-gaz, le R32 présente aussi l’avantage de se plier aux exigences d’habitat actuelles. C’est notamment le cas de la réglementation RE 2020 qui préconise une utilisation de systèmes de chauffe plus performants sur le plan énergétique. Il n’est donc pas surprenant que ce gaz pendant longtemps méconnu soit désormais sur toutes les lèvres.

Quels sont les avantages fonctionnels du gaz R32 ?

Le recours au gaz R32 n’est pas uniquement une contrainte législative. Sur le plan écologique, ce gaz pas comme les autres est une caverne d’Ali Baba. Permettant de réduire les dépenses du foyer, il veille aussi à ne pas dégrader l’environnement.

Sur le plan écologique, il est impossible de ne pas mentionner la faible empreinte Carbone du gaz R32. En comparaison de ses homologues, ce fluide frigorigène est 75 % moins polluant. Que dire de plus ? À elle seule, cette statistique fait de ce gaz le « moins pire » aux yeux des écologistes.

Parce que le gaz R32 n’est jamais à court de surprises, il a un autre avantage considérable. Étant donné que c’est un corps pur, il est entièrement recyclable comparé au R410A qui lui est un assemblage de deux gaz.

En termes de performances, le gaz R32 a une autre carte à jouer. En effet, il est connu pour être plus performant que ses concurrents. Dépendamment des utilisations, il fera gagner de 6 à 7 % d’efficacité aux appareils qui l’utilisent. Et là, vous vous interrogez sûrement sur les manifestations de cette caractéristique.

C’est simple. Avec le gaz R32, vous constaterez que vos factures d’électricité baisseront à la vitesse grand V. Vous dépenserez moins d’argent en chauffage et autres besoins du quotidien. N’est-ce pas une autre bonne nouvelle ?

Dernier point mais non des moindres : la facilité de manipulation. À l’état liquide comme gazeux, le gaz R32 peut aisément être rechargé dans la pompe à chaleur. Les autres gaz tels que le R410A ne jouissent pas d’une telle flexibilité.

Au vu de tous ces avantages, il n’est pas surprenant que le gaz R32 soit en passe de devenir la norme dans le monde de la climatisation. Déjà présent sur les pompes à chaleur air / air écologiques, il ne demande qu’à être mieux connu du grand public.