Dossier : Typologie et principes de construction
Connaissez-vous la différence entre les murs de façade, les murs de refend et les murs de soubassements ? La différence entre les blocs en béton de granulats courants et les blocs de béton cellulaire ?
3 Chapitres à consulter :
Typologie et principes de construction : un peu de vocabulaire
Un mur est une paroi verticale plutôt épaisse. Contrairement aux cloisons, les murs remplissent une fonction porteuse dans le bâtiment. On en distingue plusieurs types.
Les murs de fondations et de soubassement
Comme leur nom l'indique, les murs de fondations qui reposent eux-mêmes sur des semelles, soutiennent tout le bâtiment. Le soubassement en est la partie visible, émergeant au-dessus du sol. Généralement, les murs de façades et murs pignons sont ensuite élevés sur ces soubassements.
Les murs de façade
Ces murs comprennent les murs de face et les murs pignons, soit les maçonneries fermant les extrémités d'un bâtiment. On les appelle aussi gros murs ou murs porteurs car ils portent la charge des planchers et/ou celle de la charpente.
Les murs de refend
Ces murs ont également une fonction porteuse mais se situe à l'intérieur du logement, en général perpendiculaire à ses façades. Les refends reposent aussi sur les fondations et peuvent servir d'adossement aux cheminées et aux conduits de fumée. Comme pour les murs de façade, le percement ou l'élargissement d'ouvertures existantes dans les refends requiert beaucoup de précautions.
A l'extérieur, on trouve aussi les murs de clôture, les murs de soutènement (murs servant à maintenir certaines hauteurs de terre et donc soumis à de fortes poussés) et les murets.
Classification des murs extérieurs : quatre types traditionnels
Le Document technique unifié (DTU) 20.1distingue en effet quatre types de murs traditionnels, ceci en fonction de leur étanchéité à la pluie.
Les différents types de murs extérieurs
Â
Les murs de type I
Ces murs ne présentent aucune étanchéité extérieure particulière (excepté un enduit ou un revêtement éventuel), ni de coupure de capillarité dans leur épaisseur. Par coupure de capillarité, on entend l'interposition dans l'épaisseur du mur d'un matériau étanche (donc non hydrophile) qui fasse obstacle aux remontées d'humidité par capillarité.
Les murs de type II
Ceux-ci ne présentent pas non plus d'étanchéité extérieure particulière mais comptent en revanche une coupure de capillarité dans leur épaisseur, du type :
- II a) - Isolant non hydrophile (dans l'ordre : cloison de doublage, isolant et parpaings ou briques) ;
- II b) - Lame d'air (dans l'ordre : cloison de doublage sèche, lame d'air et parpaings ou briques).
Les murs de type III
Ici, toujours pas non plus d'étanchéité extérieure particulière, mais présence d'une lame d'air entre la cloison de doublage et les parpaings ou briques ainsi que d'un dispositif de collecte et d'évacuation des eaux d'infiltration éventuelle. Attention ici à concevoir des menuiseries en prenant compte de l'éventuelle présence d'eau d'infiltration dans la dite lame d'air.
Les murs de type IV
Dans ce seul cas, les murs bénéficient d'un ouvrage extérieur d'étanchéité à la pluie. Il peut s'agir :
- d'un bardage ventilé par une lame d'air continue ;
- d'un enduit spécial (solution non traditionnelle).
Les critères de choix
En plus de prendre en compte le coût des opérations, votre maître d'œuvre choisira le type de mur en fonction des différents critères suivants :
- la hauteur du mur,
- la situation géographique,
- le site.
Prenons le cas d'un mur en maçonnerie appelé à recevoir un enduit de protection.
Villes - Campagne, façades abritées :Â
| Hauteur du mur au dessus du sol | Type de mur  |
|---|---|
| Â < 6 m | Â I |
| Â 6 Ã 18 m | Â I |
Bord de mer, façades non abritées :
| Hauteur du mur au dessus du sol |  Type de mur |
|---|---|
| Â < 6 m | Â I ou II a) |
| Â 6 Ã 18 m | II a) |
 Bord de mer, façades abritées :
| Hauteur du mur au dessus du sol | Type de mur  |
|---|---|
| Â < 6 m | Â I ou II a) |
| Â 6 Ã 18 m | II a) |
Littoral sauf front de mer, façades non abritées :
| Hauteur du mur au dessus du sol | Type de mur  |
|---|---|
| Â < 6 m | II a) |
| Â 6 Ã 18 m | Â II a) |
Front de mer, façades abritées :
| Hauteur du mur au dessus du sol | Type de mur  |
|---|---|
| Â < 6 m | Â II b) |
| Â 6 Ã 18 m | Â II b) |
Â
Définition du chaînage
Voilà un terme quelque peu technique que vous entendrez certainement dans la bouche de votre maître d'œuvre. Explications.
Le chaînage désigne sont des éléments d'ossature ceinturant les parois de façon à les solidariser et à éviter les fissurations. Il faut distingue deux types de chaînage.
Les chaînages horizontaux
Les chaînages horizontaux, continus, ceinturent le bâtiment à chaque étage, au niveau des planchers, ainsi qu'au couronnement des murs et les relie au droit (c'est-à -dire aux côtés verticaux) de chaque refend. Aujourd'hui, ils sont réalisés en béton armé.
Au niveau des planchers
En about des planchers, afin de masquer ces chaînages et de rétablir l'uniformité du matériau de façade, on utilise des planelles, soit des briques creuses ou des blocs en béton peu épais (selon la composition du mur) que l'on pose sur chant*. C'est aussi une manière d'éviter les trop grandes variations de température superficielle de l'enduit extérieur qui, dans le cas contraire, risque de se détériorer rapidement. L'emploi de planelles en tout autre matériau, notamment en isolant, est absolument proscrit par le Document technique unifié 20.1.
Au couronnement des murs
Absolument indispensable, le chaînage du couronnement des murs peut se faire en béton armé mais aussi au moyen de blocs spéciaux. En cas de pignons porteurs, un chaînage rampant peut aussi s'avérer nécessaire. On l'exécutera alors au moyen de deux aciers, noyés dans le mortier.
Les chaînages verticaux
Ils sont nécessaires dans le cas de murs porteurs et lorsque les planchers sont en béton armé ou précontraint**. On les réalise alors dans les angles saillants et rentrants de maçonneries :
- en hauteur des deux étages supérieurs, au cas où le dernier est surmonté part un plancher terrasse en béton armé ou précontraint ;
- en hauteur du dernier étage au cas où il est surmonté par un simple plancher terrasse en béton armé ou précontraint (par exemple, un plancher de comble).
Aujourd'hui, ces chaînages d'angle se réduit la plupart du temps, notamment dans les constructions de faible hauteur, au harpage des blocs. Il existe aussi des blocs d'angles spécialement conçus pour réaliser ces chaînages.
* Chant, n.m. : en maçonnerie, « poser sur chant » ou « poser de chant » signifie placer l'élément sur sa face étroite.
** Précontraint, adj. : cet adjectif qualifie tout élément préfabriqué selon la technique de la précontrainte. Cette technique consiste à associer la résistance à la compression du béton à celle des câbles d'acier à la traction. On obtient aussi un matériau beaucoup plus performant.
Consultez tous les articles
L’alimentation du logement
Autre étape à traiter dès l’amont du chantier : les raccordements à l’électricité, à l’eau et au gaz. A suivre, les bons conseils de Batirenover. Lire la suite
La préparation du terrain
Préliminaire indispensable avant d’entamer quelques travaux de maçonnerie que ce soit : la préparation du terrain. Une préparation qui consiste à la fois à le nettoyer, à le mettre à niveau mais aussi à régler un éventuel problème... Lire la suite
Rappels et règles applicables sur les raccordements
Ici encore, différents règlements s’appliquent. Batirenover fait le point avec vous. Lire la suite
L’assainissement du logement
L’assainissement désigne l’ensemble des mesures, travaux et équipements pris, effectués et mis en œuvre pour la collecte, l’évacuation et le traitement des eaux usées. Dans cette fiche solutions, les différentes techniques employées, le... Lire la suite
Le choix du terrain
Savez-vous que la moitié des désordres de la maçonnerie observés dans des bâtiments sont dus à des mouvements du sol ou des problèmes d’humidité, voire d’inondation ? Dans cette fiche, les précautions à prendre pour bien choisir son... Lire la suite




