Dossier : Les carrelages
Carrelages muraux et carrelages au sol : ils n’ont pas les mêmes qualités ni la même résistance. Peu sollicités lorsqu’ils sont verticaux, les carrelages au sol exigent des classements spécifiques en fonction de leurs conditions d’utilisation. L’essentiel de tout ce que vous devez savoir !
5 Chapitres à consulter :
Les carrelages : zoom sur les carreaux de ciment
Avec leurs jolis tons passés, les carreaux de ciment ont le charme des maisons anciennes. Les voici aujourd'hui plus tendance que jamais, mais plein de couleurs...
Un satiné aussi agréable à regarder qu'à toucher : ce qui fait le charme des carreaux de ciment est lié à leur fabrication, puisque c'est la présence de poudre de marbre dans leur composition qui leur donne ce velouté caractéristique. En effet, la couche de surface d'environ 4mm d'épaisseur est constituée d'un mélange de pigments colorants, de poudre de marbre et de ciment fin, le tout posé sur une base composée de sable, de ciment gris et de petits graviers qui lui apporte la solidité. Une solidité toute relative toutefois, attention à la casse, ces carreaux si doux aux pieds ne supportent pas les chocs ! De même, on conseille de les traiter en les imperméabilisant à l'aide d'un produit spécial avant toute utilisation car leur porosité naturelle ne supporte pas les tâches de graisse.
Faits main
Très utilisés dans les maisons provençales, ces carreaux satinés se retrouvent dans de nombreux artisanats méditerranéens. C'est d'ailleurs la tradition artisanale marocaine qui a perduré ce carrelage, dont la particularité est d'être cuit, mais coulé dans des moules à compartiment pour sécher à l'air libre. Autrefois limités à quelques coloris basiques, ces carreaux mats se déclinent aujourd'hui dans une belle palette de coloris et de motifs peints qui créent une atmosphère douce et naturellement élégante.
Côté déco
Les carreaux de ciment se font élégants dans les tons empruntés à la palette des gris, ou très contemporains en noir et blanc, mais ils révèlent tout leur potentiel décoratif dans les tonalités de vert profond et bleu soutenu, que leur matité valorise particulièrement. On les associe avec des velours aux tons profonds pour renforcer leur satiné, à des meubles en bois bruts pour souligner leur minéralité naturelle et on accessoirise avec de l'argent chromé pour les touches de lumière...
Pour en savoir plus...
- La décoratrice belge Agnès Eymeri dessine des carreaux de ciment aux coloris profonds et veloutés : plus de 25 teintes en uni et un immense choix d'imprimés de sa création, inspirés de motifs anciens ou du bestiaire fantastique médiéval. Une idée à retenir: le kit "patwork" pour un tapis de carreaux composé alléatoirement. A partir de env. 100 euros le m². A découvrir sur www.eymeryetcie.com.
- Des rosaces, des entrelacs, des des fleurs stylisées... à Paris (7°), la maison Palatino remet au goût du jour les carreaux de ciment d'autrefois. Qu'ils se dessinent en noir et blanc, dans toutes les nuances de gris, ou réveillés par des touches de rouge, leur sobriété convient à merveille aux décors d'aujourd'hui. Une vaste collection de carrelages issue des traditions méditerranéennes. A découvrir sur www.palatino.fr.
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Bien choisir son carrelage
En carrelage, le choix des couleurs, des formes, des matériaux, des calepinages est très vaste. A vous de prendre le temps de bien choisir, en gardant à l'esprit qu'il vous sera ensuite difficile de revenir en arrière !
Les différents matériaux
- Les grès sont les plus nombreux sur le marché. Ils habillent les sols comme les murs. Fabriqués à base d'argiles, de fondants (feldspath) et d'autres additifs, ils peuvent être pressés ou étirés à la fabrication. On les cuit à une température d'environ 1300° C. Les grès étirés ont un aspect artisanal, plus rustique mais sont d'un coût un peu plus élevé. Les grès pressés sont moulés.
Parmi les grès, citons les grès cérames ou grès porcelainés. De faible porosité, très durs, non rayables et totalement ingélifs, ils conviennent tout particulièrement aux sols qui comptent de très nombreux passages. On les trouve en finition mate, satinée, unie ou sablée. - La faïence est un "biscuit" recouvert d'émail et de décors en plusieurs couches selon la complexité des motifs. Plus fragile, elle est à réserver à une utilisation murale.
- Les terres cuites sont réalisées à partir d'argile brute mouillée, moulée, séchée puis cuite aux alentours de 1000°C, soit artisanalement, soit industriellement. Les carreaux de terre cuite peuvent être naturels ou émaillés. Les modèles anciens peuvent atteindre les 3 cm d'épaisseur tandis que les carreaux actuels sont plus minces. Le matériau est poreux, gélif, tâche et se raie. Un traitement est donc nécessaire après la pose.
- Les carreaux de ciment sont des éléments préfabriqués à partir de ciment, de pigments et de poudre de marbre. Ils sont proposés dans des coloris unis et francs en reprenant parfois des motifs de carreaux anciens.
- La mosaïque est l'assemblage d'une multitude de tout petits éléments colorés de marbre, pierre, terre cuite ou pâte de verre. Ces éléments ont des formes géométriques ou irrégulières et sont juxtaposés selon un motif précis ou au hasard.
Côté format, on trouve aujourd'hui absolument de toutes les tailles de carreaux, depuis le tout petit carré de pâte de verre jusqu'au grand carreau de 40 x 40 cm ou plus.
Le calepinage
Ce terme désigne la représentation sous forme de « calepin », c'est un plan détaillé du revêtement à réaliser. Réalisé en amont, il permet de déterminer les quantités nécessaires de tel ou tel type ou couleur de matériau. Un bon carreleur saura bien établir son calepinage si le taux de perte ou de chute n'excède pas les 4 %.
Il existe ensuite quantité de modèles de calepinage différents : pose droite, diagonale, en damiers, en chevrons, à joints contrariés... Vous pouvez même esquisser vous-même votre propre calepinage, en collaboration bien sûr avec un professionnel qui saura vous conseiller.
Tête à Tête avec un pro
Attention, le choix de votre calepinage peut être déterminant pour l'effet visuel final ! Une pose en diagonale au sol repoussera les murs d'une petite pièce et élargira les couloirs. Si vous optez pour des grands carreaux et des carreaux irréguliers, sachez que les joints demanderont à être larges et seront donc bien visibles. Les cabochons ponctueront votre sol et lui apporteront un brin de fantaisie tandis que listels, frises et moulures souligneront les murs et donneront un style unique à votre intérieur.
La pose du carrelage
Rien de plus durable et de plus résistant qu'un carrelage... A condition que le support ait été correctement préparé et que la pose ainsi que le jointoiement aient été réalisés dans les règles de l'art.
Un préliminaire indispensable : s'assurer de la qualité du support à carreler
La pose d'un carrelage peut être envisagée sur les carrelages ou dallages anciens, une chape de ciment ou même un ancien parquet massif en bon état et résistant, en suivant les consignes de mise en œuvre en vigueur pour ce type d'ouvrage. En revanche, il convient de déposer tout revêtement souple avant de coller un carrelage. Dans tous les cas, le support doit présenter les qualités suivantes :
- il ne doit pas se désagréger ni comporter de parties qui risquent de se détacher et d'altérer l'accrochage ;
- s'il n'est pas sain et s'il ne présente pas une cohésion insuffisante, vous devez prévoir au préalable un traitement adapté ;
- s'il est humide par remontée capillaire, il ne pourra pas recevoir un carrelage sans avoir été au préalable traité contre l'humidité ; de la même façon, un sol mouillé doit être séché ;
- il doit être parfaitement plan car le carrelage ne pourra en aucun cas corriger les défauts de planéité du sol ; un ragréage* sera donc peut être nécessaire ;
- il doit être propre car le mortier colle adhèrera mal à un sol poussiéreux, tâché de graisse ou comportant des traces de plâtre, de peinture.... L'application d'un primaire** sera également peut être nécessaire.
Deux types de mise en œuvre
La pose collée est la plus usitée. On colle les carreaux à l'aide d'un mortier appliqué en couche mince (les carreleurs disent une colle) sur un support parfaitement plan, en principe à base de ciment. Cette méthode est bien plus rapide que la pose scellée et, avec les progrès des colles, d'une solidité comparable. Le choix du mortier colle sera fonction :
- du classement P des locaux (UPEC),
- de la taille des carreaux et de leur porosité,
- du type de support et de sa situation (extérieur, vide sanitaire, chauffage par le sol, etc.).
Une étanchéité sera enfin nécessaire si le sol à carreler se trouve dans une pièce humide.
La pose scellée, traditionnelle, consiste à sceller les carreaux dans un mortier de ciment sur un support lui-même recouvert d'une forme destinée à en améliorer la planéité (lit de sable ou de pierres concassées, mortier ou chape de béton). On pourra éventuellement y ajouter un isolant thermique ou acoustique, voire une couche de désolidarisation.
Le jointoiement
Le jointoiement des carreaux sera effectué dans les 48 heures suivant la pose du carrelage. Son épaisseur sera fonction de la nature et du format des carreaux. Généralement, le principe admis est le suivant : plus les carreaux sont grands, plus les joints sont épais, quelquefois jusqu'à 15 mm. Le joint moyen fera environ 6 mm. Autre point à anticiper par votre carreleur : la réalisation d'un joint de fractionnement dans le mortier en cas de grandes surfaces carrelées. En recoupant ainsi la surface en panneaux d'une douzaine de m², on évite les tensions résultant des dilatations différentielles entre le revêtement et son support.
** Primaire, n.m: un primaire est une couche d'impression que l'on applique sur les fonds à peindre, à enduire ou à encoller de façon à renforcer l'adhérence de l'enduit et à régulariser l'état de surface du support.
*Ragréage, n.m: ce terme désigne l'opération qui consiste à appliquer un mortier fin spécial sur une surface en maçonnerie irrégulière ou abîmée, afin d'obturer les cavités, de niveler les défauts de surface et d'obtenir une planimétrie parfaite.
Tête à Tête avec un pro
Pour favoriser l'écoulement de l'eau, on préconise de prévoir une pente d'1 % pour les carrelages intérieurs et une pente de 4 % pour les carrelages extérieurs. Et pour plus de sécurité, prévoyez toujours une perte de 10 % environ à la coupe, au moment d'acheter vos carreaux.
L’entretien du carrelage
Pas de problème particulier pour entretenir jour après jour votre carrelage. Seul point sensible : les joints, souvent plus fragiles et plus salissants.
L'entretien de votre carrelage dépendra bien sûr essentiellement du matériau que vous aurez choisi.
Les sols en terre cuite devront régulièrement être balayés, lavés à l'eau tiède mélangée à un peu de détergent, puis rincés à l'eau claire. L'idéal, pour éviter les tâches, est de les enduire, une fois les joints secs, d'huile de lin. On pourra aussi les polir ou les étanchéifier. Les grès poreux pourront éventuellement recevoir le même traitement. Pour tous les autres, on se contentera de passer l'aspirateur régulièrement et, à l'occasion, une serpillière trempée dans de l'eau savonneuse.
Les carrelages les plus anciens recevront un traitement un peu particulier. On ravivera leurs couleurs en les nettoyant avec un mélange d'huile de lin et de térébenthine. En cas de tâche, on utilisera une solution très légère d'acide chlorhydrique. Attention à bien effectuer au préalable un essai sur une petite surface située à un endroit peu visible.
Enfin, si les joints de votre carrelage sont abîmés, sachez qu'il faudra les purger en totalité avant de les refaire. Veillez aussi à ce que le mortier choisi pour faire les réparations soit adapté au matériau et aux produits préalablement utilisés pour la pose et le jointoiement initial.
Normes et carrelage
Les carreaux et dalles céramiques bénéficient aussi du fameux classement UPEC qui indique leur niveau de résistance en fonction de différents critères liés à la fréquentation et à l'usage des locaux concernés. En plus de cela, la résistance à l'abrasion des carreaux émaillés peut faire l'objet d'une classification dans le cadre de la norme européenne PEI. Explications.
Cette norme permet d'évaluer la dureté et la résistance de l'émail soumis à l'action d'usure que provoque le passage de corps mécaniques type chariots.
On peut ainsi classer en cinq familles les carreaux émaillés :
- PEI I - Ces produits sont destinés à des locaux soumis à un trafic léger et sans saleté abrasive comme les salles de bains ou les chambres à coucher ;
- PEI II - Ces produits sont destinés à des locaux soumis à un trafic moyen et à une abrasion moyenne-basse tels que des salles d'études et de séjour ;
- PEI III - Ces produits sont destinés aux locaux soumis à un trafic moyen fort avec action abrasive moyenne comme les entrées ou les cuisines de maisons privées.
- PEI IV - Ces produits sont destinés aux locaux soumis à un trafic intense type restaurants, bureaux, magasins et autres lieux publics ;
- PEI V Produits destinés aux locaux soumis à un trafic particulièrement intense.
Correspondance UPEC/PEI
Des associations entre les classements UPEC et PEI ont été faites de façon à faciliter le travail des professionnels et des particuliers :
- U2 <-> PEI II
- U2S <-> PEI III
- U3 <-> PEI IV
- U3S <-> PEI V
- U4 <-> HC (grès cérame ou grès étiré brut hors classement PEI)
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